
Monument aux combattants 1940–1945
Informations
Ce monument, érigé au cœur du village, honore la mémoire de dix hommes et femmes de notre commune qui ont payé, chacun à leur manière, le prix de la liberté. Résistants de l'ombre, soldats tombés au front ou prisonniers brisés par quatre années de travaux forcés, leurs noms sont gravés dans la pierre afin que nul n'oublie.
Descriptions des personnes honorées

Hélène Delcourt
1918 – 2001 : RésistanteInstitutrice de son état, Hélène Delcourt n'avait que vingt-deux ans lorsque les premières colonnes allemandes traversèrent le village. Dès l'automne 1940, elle intégra un réseau de renseignement en cachant des documents militaires alliés derrière les lambris de sa salle de classe. Elle organisa le passage de sept aviateurs britanniques vers la France libre, les déguisant en ouvriers agricoles pour franchir les contrôles. Arrêtée une première fois en 1942, elle fut relâchée faute de preuves, mais continua son action avec encore plus de précaution. Elle imprima clandestinement des tracts dans la cave de l'école, les distribuant la nuit à vélo à travers les hameaux. À la Libération, elle reçut la Croix de guerre avec palme des mains du bourgmestre en larmes.

Victor Pauwels
1920 – 1999 : RésistantCheminot affecté à la gare de triage, Victor Pauwels sabotait méthodiquement les convois de ravitaillement allemands en modifiant les aiguillages et en introduisant du sable dans les boîtes à graisse des locomotives. Ses connaissances techniques en faisaient un agent irremplaçable pour retarder les transports militaires. Il participa également à l'évasion de vingt-deux prisonniers de guerre belges en falsifiant leurs bons de transport. Après la guerre, il refusa toute médaille, estimant n'avoir fait que son devoir de citoyen. Il mourut en 1999, entouré de ses cinq petits-enfants, sans avoir jamais vraiment parlé de ses années de résistance.

Jules Harmant
1915 – 1940 : Soldat — tué au frontFils d'agriculteur, Jules Harmant fut mobilisé dès septembre 1939. Affecté au 2e régiment de chasseurs ardennais, il participa aux combats de mai 1940 sur la Meuse avec un courage qui lui valut une citation à l'ordre du régiment. Il tomba le 14 mai 1940 lors de la bataille de Houx, défendant un pont stratégique contre une division blindée allemande. Son corps ne fut retrouvé que deux semaines après l'armistice, reconnu grâce à sa plaque d'identité et au portrait de sa fiancée glissé dans sa poche. Il avait vingt-cinq ans. Sa fiancée ne se remaria jamais.
Localisation